La thérapie individuelle

tête monstresLa vie et son lot de surprises peuvent mettre à mal notre entrain, nos projets, nos convictions, notre qualité de vie. Ebranlé par un évènement, interpellé par la récurrence de certaines situations ou submergé par l’émotionnel, notre confort psychique peut être soumis à rude épreuve.

« Pas besoin de payer quelqu’un pour parler, j’ai assez de gens dans mon entourage »  … oui et non : le premier réflexe est de se débrouiller avec les moyens du bord, si les proches peuvent servir de support et soulager l’âme en détresse, c’est tout bon !  Seulement l’entourage ne veut ou ne peut pas toujours tenir ce rôle (nous avons tous eu droit à l’avalanche de conseils alors que nous désirions juste trouver une oreille attentive). Dans ce cas, le professionnel de la relation d’aide peut s’avérer utile : son écoute et son regard sur la difficulté annoncée seront tout autre. L’accueil de nos mots (et nos maux), ce que le professionnel en fera, peut se répercuter et faire mouche aux endroits stratégiques. Bref, là où ça coince, rien de tel qu’une bonne dose de dégrippant !

« Pourquoi payer un psy s’il ne résout pas mon problème ? », « Si je n’y arrive pas moi-même, comment quelqu’un d’autre pourrait y parvenir ? » … les croyances et idées préconçues persistent, une mise en lumière s’impose.  

Ne confondons pas « psy » et magicien, il s’agit d’une collaboration : le patient arrive avec toute sa singularité mais sans posséder son mode d’emploi …    « Psy » et patient détiennent chacun un savoir, ce savoir ne se situe pas au même endroit. Le patient connaît le livre de sa vie, ses faits et gestes; quant au (psycho)thérapeute, il peut lire entre les lignes et établir des liens là où le patient ne peut prendre du recul.

Cette partie de « mode d’emploi », découverte ensemble, ne sera pas applicable à quelqu’un d’autre ; pas plus que le mode d’emploi d’un autre ne nous conviendrait car un même fait n’a pas la même portée sur deux personnes distinctes (si A perd son portefeuille et B également, ils n’auront pas les mêmes mots pour en parler et la perte n’impactera pas leur vie de la même façon). Bref, le travail thérapeutique est l’éloge de l’unicité de la personne.

Cette coopération thérapeute/patient pourrait être perçue comme un grand puzzle dont on s’évertue à rassembler et disposer les pièces ; ou comme un voyage commun où l’on vise une destination en empruntant des chemins que l’on dessine nous-mêmes sur la carte.

Etat de crise, intempéries émotionnelles, blocages, analyse d’une situation pénible, situations répétitives, meilleure compréhension de notre fonctionnement, les raisons de pousser la porte du thérapeute divergent.

Le patient amène un « quelque chose qui ne va pas », un mal-être, un malaise, une souffrance, un inconfort, un symptôme.  Ce symptôme est le signal d’alarme d’une partie de nous-mêmes en « état de guerre », de luttes internes que l’on voudrait taire si on en avait les moyens. Il y a donc l’explicite (ce que l’on voit, ce qui est dit) et l’implicite (ce qui nous ronge, ce qui n’est pas palpable). Ces combats inconscients se traduisent par des blocages, des conflits, des « pierres d’achoppement », des inhibitions … tout cela aussi peut être approfondi en thérapie.

« Quand t’arrives chez le psy, t’as qu’un problème ; quand tu repars, t’en as cent. » … pas d’inquiétude, « psy » et patient choisissent ensemble les limites de l’implication. Ils collaborent.

« Aller chez le psy, c’est avouer qu’on a un problème » … vrai, c’est arrêter de faire l’autruche et s’atteler à la tâche.  Avec l’ambivalence intrinsèque du travail sur soi : on désire un changement mais on n’ose pas lâcher le confort de nos repères car on n’est jamais aussi bien que dans ses vieilles pantoufles !

Le thérapeute veille à respecter le rythme et les balises de chacun. Pas d’approche à la machette mais de la bienveillance et de l’accompagnement.

L’intérêt d’une thérapie ?

Quelques mots pour en parler : il s’agit de soulager, d’apaiser une souffrance, d’étoffer ses ressources/sa créativité, de conscientiser ses choix, de multiplier les options, d’élargir sa marge de manœuvre, de penser les choses autrement, de découvrir des facettes non investies de sa vie, d’accéder à l’autonomie, ….

« Un psy, c’est cher » … de fait, mais on peut le considérer comme un investissement à long terme, une sorte d’épargne-pension pour confort psychique.