Là où tout glissait auparavant, on accroche, on trébuche. Reproches, agacements, frustrations, … la crise (ponctuelle) ou le conflit (récurrent) accapare souvent l’énergie de façon indue.
Mais de quoi se plaignent les couples ?
– De la communication. Or celle-ci a peu de vie propre, elle révèle plutôt les (dys)fonctionnements. Les dynamiques souterraines se heurtent et provoquent des étincelles.
– Du manque d’initiative. La charge mentale peut être sociologique (la célèbre répartition des tâches) ou relationnelle (« C’est toujours moi qui maintiens la flamme du couple »).
– du manque de proximité, que celle-ci soit du côté du discours et de l’expression, ou du côté du toucher, du corps.
– Du « troc » de l’amour : le « quoi et combien ». Quand l’un dit « J’aurais voulu que tu me prennes dans tes bras avant mon départ » et que l’autre répond « Oui mais j’ai nettoyé ta voiture » … nous ne sommes pas dans le même registre, on ne parle pas la même langue.
– De la trahison du contrat implicite ou explicite (infidélité, engagement non tenu, …) et de l’ébranlement ou de la désillusion qu’elle engendre.
– Etc…
La plupart du temps, le symptôme se présente sous forme de décalage. D’un côté, l’un veut plus de quelque chose (de disponibilité, de participation, de prises d’initiatives, d’échanges, d’écoute, d’attentions, de sorties, de séduction, de rapports sexuels) : elle (il) veut du relationnel autrement. De l’autre côté, on lui en demande trop, il (elle) ne voit pas comment combler toutes ces expectatives. C’est le combat du trop et du pas assez.
« Si on s’aime, ça doit marcher, non ? »
Il se trouve que l’amour ne suffit pas à faire tenir un couple. L’« amour » est un merveilleux concept qui laisse place à un éventail d’interprétations, de projections, de fantasmes en tout genre. Mais si certaines divergences se manifestent, quelque chose lie les partenaires, cimente la relation ; en effet, le choix du conjoint n’est pas fortuit. Le couple est le recueil même des coalitions inconscientes.
Il s’agit de lire entre les lignes, d’entendre ce qui ne se dit pas, de traduire, de repérer ce qui se répète, de démêler les affects, de dégripper les rouages et de modifier la dynamique. L’objet de la thérapie est d’apporter l’éclairage nécessaire afin d’amener le couple au changement ou à la prise de décisions qui lui correspondent.